À l’occasion de la Journée mondiale de la photographie, célébrée le 19 août de chaque année, Jeanot Lubamba livre un témoignage inédit sur ce photographe qu’il a personnellement croisé et connu au sein de la cellule de communication du gouvernorat de province du Kasaï oriental.
Partir de la rue aux institutions
A la croisée de nos chemins en 2019, Arcel Lumbala m’avait dit qu’il était diplômé en informatique de gestion. Lors d’un échange, il m’avait révélé qu’il s’interesse à la photographie depuis 2014. Ses débuts dans ce domaine ont eu lieu dans la rue. Il couvrait, sur invitation des organisateurs, des fêtes, notamment les mariages et les anniversaires à travers la ville de Mbujimayi. Jeune et célibataire, il travaillait à l’informel, comme photographe du gouverneur Jean Maweja Muteba. Je l’ai vu utiliser son propre appareil photographique pour rendre ce service, pourtant public. Plus tard, il sera nommé, avec Tharcisse Cifinga et moi, sur un arrêté des membres de la cellule de communication comme photographe officiel du gouverneur, avec Élisée Kazadi Lubanza comme cameraman.
Dès 2019 à aujourd’hui, les gouverneurs se sont succédé à la tête du Kasaï oriental, emportant avec eux à leur départ plusieurs membres du cabinet. Curieusement, au sein de la cellule de communication, Arcel Lumbala a toujours été maintenu. Il a travaillé avec Maweja, Longa, Matshi Abidi, Kalenga et Mbwebwe. Actuellement, il est aux côtés du Vice-gouverneur, faisant fonction de Gouverneur. Son secret, c’est le professionnalisme, la qualité, le dévouement et l’amour de son travail. Plus d’une fois, je l’ai vu faire des photos couché à même le sol. Quelle passion ! Je l’ai vu prendre de belles images lors des visites du Président Tshisekedi à Mbujimayi. Je l’ai vu produire des meilleurs angles et plans dans des grandes rencontres politiques. Je l’ai vu prendre des photos à sa femme Merveille Ngoya, à l’époque mon étudiante, à la fête de son propre mariage.
Au gouvernorat, celui que j’appelle affectueusement “Manseba” (oncle maternel), n’était pas payé grand-chose en terme de salaire. Mais il donnait plus et le meilleur de lui-même. A une question lui posée un jour, il m’a répondu : “Photographe du Chef, c’est un rôle que je considère à la fois comme un honneur et une responsabilité citoyenne. La photographie est bien plus qu’un simple métier : c’est ma vocation, c’est ma passion. Je fais cela avec rigueur. C’est de l’image du gouverneur et de la province que je vends”.
Aimer son travail, se faire un nom, devenir une référence
Arcel Lumbala est l’un de ces jeunes qui ne se découragent et qui n’abandonnent j’amais leur destiné. Il a su le prouver : sans salaire décent, il a toujours donné le meilleur de lui-même. Qui n’a jamais admiré ses photos ! Il m’a appris que ce n’est pas pour l’argent qu’on travaille avant tout. “Le travail d’abord, l’argent après”, animait-il souvent.
Depuis que je le connais, il est toujours engagé, déterminé, passionné de son métier. Il a introduit une nouvelle pratique de la photo. Il regorge plusieurs autres qualités sociales. Très poli, éduqué, il est très serviable. Je le rappelle qu’il a pris des photos à mon mariage coutumier et à la soirée dansante sans exiger aucun sous
Arcel Lumbala reste un modèle pour beaucoup de jeunes photographes dans un contexte où les photographes, appelés “shooters” ont poussé un peu partout dans la ville. Je l’ai trouvé très fort en usage des nouvelles technologies de l’information et de la communication.”Je suis toujours engagé à pratiquer mon métier dans la noblesse, la dignité, l’honneur et surtout l’honnêteté”, me dit-il souvent.
Jeanot Lubamba, ancien membre de la cellule de communication du gouvernorat