
Le professeur William Kabeya Badyambuji a animé une conférence, ce vendredi 31 novembre, au centre culturel Mgr Tharcisse Tshibangu Tshishiku de Ngandanjika, sur le sujet « Le statut juridique des associations sans but lucratif en République Démocratique du Congo. Quelques propositions pour aller au-delà des acquis et des limites ».
C’était lors du colloque interdisciplinaire de Ngandanjika, organisé par les Éditions Ditunga sur le thème “Les rêves congolais de développement”. Dans une analyse dense et rigoureuse, le professeur Kabeya a revisité la loi n°004/2001 du 20 juillet 2001, exposant la complexité du statut des ASBL et leurs obstacles quotidiens.
Pour ce chercheur en droit, ces associations sont bien plus que des structures administratives : elles incarnent un souffle d’espoir, un ferment de progrès social là où l’État abdique souvent face aux urgences vitales du peuple. Cependant, ce tableau d’idéal se heurte à de sombres réalités : procédures lourdes, tracasseries administratives, manque de moyens et surtout absence de reconnaissance concrète du rôle social de ces organisations.
William Kabeya a, en outre, noté que les défis résident autant dans la main pesante de l’État que dans la fragilité interne des ASBL, souvent éclatées, mimétiques et dépolitisées à l’excès. Le conférencier a plaidé pour une refondation morale et pratique de l’action associative : un État qui cesse de compliquer la création des ONG, mais qui en exige des performances claires, des associations qui, loin de chercher à plaire ou à imiter, doivent s’unir, se discipliner et viser un réel impact.
L’atmosphère de la journée s’est teintée d’un réalisme amer, presque crépusculaire : celui d’un pays où la solidarité se débat encore dans les mailles du formalisme juridique et de la désillusion sociale. Le colloque de Ngandajika a, une fois de plus, révélé que derrière les textes de loi, c’est la conscience même du vivre-ensemble qui reste à reconstruire.
Pontien Manda
