Intervenant au 5è colloque interdisciplinaire de Ngandanjika, le professeur Grégoire Ngalamulume a captivé l’auditoire par une réflexion profonde sur le thème « De la théologie à la pastorale de la charité. Acquis, limites et défis de l’Eglise catholique comme acteur du développement en République Démocratique du Congo».

Dès les premières lignes de son intervention, ce professeur de l’Université Catholique du Congo (UCC) a rappelé que le développement n’est pas un simple mot politique, mais un processus de transformation sociale, économique et culturelle destiné à améliorer durablement les conditions de vie des populations. Dans cette logique, il a dressé le portrait d’une Église catholique congolaise active, engagée et omniprésente dans les grands chantiers du pays.

Le conférencier a salué l’action de l’Église dans des secteurs aussi vitaux que sont l’éducation, la santé, la politique et la promotion des droits humains. Par des chiffres précis, il a illustré cette empreinte : 18 638 écoles accueillant plus de 4,3 millions d’élèves, 45 % de couverture sanitaire nationale et une implication constante dans les combats pour la démocratie, la justice et la dignité humaine. L’Église, selon lui, reste une force morale et structurelle dans un pays en quête de repères, de gouvernance et de cohésion. Elle est ce rempart silencieux contre la décadence sociale, une voix qui, même dans le tumulte, continue de rappeler la valeur du bien commun.

Mais ce portrait n’a pas été sans zones d’ombre. Le chercheur en études de développement a dressé un constat lucide : l’Église porte aussi ses blessures et ses contradictions. Complicités historiques avec la colonisation, politisation de certains débats, déficit de transparence et de redevabilité ainsi que la persistance des divisions internes minent parfois sa crédibilité.

Pour cet intervenant, il est temps que l’Église catholique du Congo réinvente sa mission : conjuguer l’évangélisation à l’éducation civique, bâtir des partenariats sincères avec l’État et la société civile et adopter une posture de plaidoyer juste et neutre. Un message grave, presque méditatif, qui a résonné comme un appel à la conversion institutionnelle et morale d’une Église qui, pour continuer à sauver les âmes, doit aussi apprendre à guérir ses propres failles.

Pontien Manda

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