
365 jours. Une année entière. Douze mois pleins. Et pourtant, dans certains ministères provinciaux du Kasaï-Oriental, pas l’ombre d’un bilan, pas même un éternuement administratif. Un mutisme assourdissant s’est emparé de certains « honorables ministres » dont l’utilité semble désormais relever plus du mystique que du fonctionnel.
Sur dix ministères, à peine trois ont daigné sortir de leur léthargie. Les autres ? C’est à croire qu’ils ont confondu mandat politique et retraite spirituelle. La redevabilité ? Un mot trop long, trop complexe, ou peut-être rayé du dictionnaire local.
Doit-on conclure à une pénurie de volonté, un déficit de leadership ou un simple hobby collectif pour l’inaction ? La population, elle, commence à s’interroger : faut-il vraiment leur offrir un renouvellement de 365 autres jours pour perfectionner l’art de l’invisibilité ministérielle ?
Pendant que le chef de l’exécutif provincial s’échine, seul, à remuer ciel et terre, ses compagnons de route semblent avoir choisi les salons feutrés, les conférences de presse sans annonces, ou encore les poses photographiques lors des cérémonies.
Et que dire de l’Assemblée provinciale ? Ce temple de la représentation populaire semble lui aussi avoir adopté le mode “économie d’effort”, quand il ne sombre pas carrément dans le silence complice. La question reste posée : assiste-t-on à une extinction progressive du sens politique ou à une épidémie d’amnésie institutionnelle ? En attendant, le peuple observe. Ironique, mais lucide.
