En visite à Beni, dans la province du Nord-Kivu, le représentant spécial adjoint du secrétaire général de l’ONU et coordinateur humanitaire en RDC a tiré la sonnette d’alarme sur l’impact de la crise financière mondiale sur les activités humanitaires dans le pays, a-t-on suivi sur Radio Okapi. À l’issue d’un entretien avec le gouverneur militaire, le général Evariste Kakule Somo, Bruno Lemarquis a affirmé que la République Démocratique du Congo (RDC) est aujourd’hui le pays le plus touché au monde par les réductions budgétaires des bailleurs de fonds internationaux.

Selon ce diplomate onusien, la forte dépendance de la RDC à l’aide extérieure, notamment américaine, fragilise de manière critique la capacité de réponse des organisations humanitaires. “Cette réalité se fait ressentir ici à Beni, mais aussi dans toutes les provinces affectées par les crises. ONG nationales et internationales, agences de l’ONU, toutes voient leurs moyens d’action se réduire face à l’ampleur des besoins”, a-t-il révélé.

Bruno Lemarquis insiste par ailleurs sur la nécessité de communiquer cette réalité aux communautés locales, qui interprètent souvent le retrait des acteurs humanitaires comme un désengagement volontaire. “Il faut que les gens comprennent qu’il y a une crise financière mondiale. Nous faisons tout notre possible pour rester mobilisés, mais les ressources sont limitées”, a-t-il affirmé sur Radio Okapi.

Le représentant de l’ONU plaide pour une approche durable centrée sur la prévention des conflits et le règlement des crises communautaires. À ses yeux, il est crucial d’investir davantage dans les mécanismes de prévention afin de réduire à la source les besoins humanitaires. ” Il y a un feu, nous devons l’éteindre. Mais il vaut mieux qu’il n’y ait pas de feu”, a-t-il conclu, en appelant à une prise de conscience globale face à l’urgence humanitaire en RDC.

Floribert Nshimba

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